Le 3 octobre, il est temps pour nous de commencer à remonter doucement vers le nord. Deux possibilités s'offrent à nous: soit on passe par l'Argentine en empruntant la route 40 qui est bien plus fréquentée (en espérant un peu de pouvoir faire du stop), soit on remonte par la carretera australe en bus, mais cela peut nous revenir très cher et prendre beaucoup de temps parce qu'il n'y a pas des bus tous les jours pour aller n'importe où.

S'étant renseigné la veille, il y a un bus qui part ce jour à 9h et qui remonte vers Coyahique à 7 000 pesos par personne qui inclut le prix du ferry. On est surpris que ce soit si peu cher, on prendra donc cette option plutôt facile en fin de compte.

La traversée du lac General Carrera depuis Chile Chico

La traversée du lac General Carrera depuis Chile Chico

Le trajet sera l'occasion de voir des huemuls, sorte de biche en voie de disparition dont les Argentins nous avaient tant parlé l'année dernière en nous faisant comprendre que certainement jamais on n’en verrait... Faut !! Du coup le bus s'arrête pour nous laisser descendre les voir de plus près et toutes les voitures en font de même. Si même les gens du coin sont tout excités à l'idée de voir ces jolies bêtes alors j'ose crois que oui, on a eu beaucoup de chance!

La carretera australe du sud au nord
La carretera australe du sud au nord
La carretera australe du sud au nord
La carretera australe du sud au nord

On arrive à 14h à Coyahique et on se rend directement chez Veronica, notre hôte couch surfing. Celle-ci nous attendait gentiment pour manger. Elle nous a préparé un délicieux saumon cuit au four avec salade de crudité et cake en dessert. Quand on vous dit que c'est mieux que l'hôtel ! On se dit qu'on ira le lendemain faire une balade dans le parc naturel à proximité, mais avant, il faut se renseigner pour les bus. Notre objectif est de rejoindre Chaiten. Manque de bol, il n'y a qu'un bus qui part le lendemain, dimanche donc à midi. Sur internet il est écrit également qu'une compagnie propose un départ le mardi, mais l'agence est fermée et on ne peut pas le vérifier. Si on se le tente et qu'il n'y a finalement pas de bus, on est coincé une semaine ici... Du coup on décide de réserver le bus de dimanche. Tant pis pour la balade dans le parc, de toute façon ils ne prévoient pas de beau temps.

Dimanche on prend donc le bus comme prévu. Ce n'est pas un direct, celui-ci s'arrête à la Junta et on doit prendre un autre bus lundi à 7 h du matin pour Chaiten.

Une fois à la Junta, il fait déjà nuit, on se sent dans le trou du cul du monde. Deux choses à faire: trouver un hébergement et trouver à manger.

Au terminal du bus, une dame nous indique une hospedaje à un paté de maisons. Lorsqu'on s'y rend, une mamie nous dit que c'est complet et nous indique une autre maison au coin de la rue avec de la lumière. Rien ne nous indique qu'on peut loger dans cette maison, mais tant pis on toque à la porte. Avec nos sacs sur le dos et tout sourire, on demande si c'est bien une hospedaje. Bon la réponse est non, mais la dame nous indique qu'on peut quand même dormir ici pour 8 000 pesos. On accepte et rentre dans cette maison comme dans l'intimité de la famille qui l'habite.

On fait ainsi la connaissance du petit de 3 ans et du papa en train de jouer sur le canapé. À nous de passer outre nos coutumes et faire comme chez-soi chez des gens qu'on ne connaît pas et chez qui on est arrivé comme des fleurs. Mais finalement c'est en tentant de rentrer en conversation avec le petit (déjà un enfant de 3 ans c'est pas facile à comprendre, mais alors la s'il parle chilien...^^) qui saute sur le lit de Jérôme avec ses chaussures depuis un moment déjà sans que cela ne choque les parents, qu'on laisse de côté nos plus grands principes de bonne éducation et on parvient à se sentir à nos aises sans avoir la sensation de déranger.

Deuxième étape : trouver à manger.

Dans la rue, tout semble éteint. Deux jeunes filles nous indiquent une maison bleue dans laquelle on pourrait manger. Bon, rebelote, pas de pancarte ni d'escrito, on toque à la porte et une dame nous ouvre l'air surpris, mais indiquant quand même que l'on peut manger chez elle.

On rentre, à nouveau au cœur de l’intimité d'une famille, deux hommes sont déjà en train de manger et d'autres regardent la télé novela du soir.

On s'installe un peu mal à l'aise au début on a vraiment l'impression de taper l'incrustation chez des gens! Puis finalement le plat arrive, une belle part de hachis parmentier pas mauvais, pour 3000 pesos c'est plutôt pas mal !

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