Vendredi 6 mai, nous restons toute la journée à Huaraz pour bien prendre le temps de préparer notre trek dans la cordillère blanche. Jerome m'a convaincu, nous allons prévoir pour 10 jours de nourriture pour pouvoir faire le tour de l'Alpamayo si nous nous le sentons après le Santa Cruz. Au moins, comme ça, nous n'aurions pas de regrets.

Il n'y a pas de grandes surfaces à Huaraz, mais nous trouvons de tout dans le marché couvert. Pour le midi, nous la jouons pratique et nous achetons des galettes à fajitas, aussi bon que le pain, mais qui a l'avantage de ne pas sécher de ne pas faire de miettes et surtout ça ne prend pas de place! Pour garnir tout ça: jambon fromage les premiers jours et thon Philadelphia pour les suivants. Pour le matin des barres de céréales, pour les casse-dalles des fruits secs et pour les soirs: des pâtes, des soupes en sachets, des boîtes de sardines et pour varier un peu, de la purée! Sans oublier le PQ, nous répartissons tout ça dans nos sacs et nous voilà fin prêts!

Ça pèse un peu, mais ça devrait le faire nous avons les cannes bien entraînées maintenant!

Petit détail, il nous faut un ouvre-boîte pour les sardines!! Nous voilà partis à la recherche de ce petit outil dans les rues animées de la ville. Nous en trouvons un sur un coupe-ongles sur le stand d'une mamie dans la rue. Mais certainement trop fragile nous laissons tomber... Nous trouvons quasiment de tout dans les villes péruviennes, l'important est de savoir où chercher, et ça c'est une autre histoire! Finalement, nous nous rabattrons sur un petit couteau de poche qui devrait faire l'affaire.

 

Tout y est, c'est partiiii !

Tout y est, c'est partiiii !

Samedi, c'est le grand jour! Notre hôtel possède une agence touristique alors nous profitons d'un départ d'un groupe pour faire le trajet avec eux jusqu'au point de départ du trek. Il y a 3 heures de route à faire. Normalement, ils attendent 7 personnes. Le départ se fait à 5h30 du matin, mais tour à tour les gens se désistent, car ils sont tombés malades dans la nuit... Au final, seul un couple d'allemand se présente.

Comme l'agence avait déjà contracté l'arriero et un certain nombre de mules pour porter les affaires du groupe, le chef nous propose de porter nos affaires le premier jour! Quelle aubaine! Nous aimons bien les défis, mais nous ne sommes pas non plus sadomaso alors si on peut soulager notre nos et nos jambes pour une journée autant accepter!

 

Nous ne sommes pas encore arrivés au point de départ du trek que Jerome demande en urgence au chauffeur de s'arrêter. Il semblerait que ses petits soucis de transit soient de retour...

Lorsque nous arrivons au début du sentier, Jerome n'est pas au top de sa forme, mais il se sent quand même de faire le trek. Nous espérons que ça finira par passer dans la journée.

 

Durant le trajet, nous avons sympathisé avec le couple d'Allemands alors nous continuons notre route ensemble.

La montée n'est pas rude, sans les sacs c'est même presque une balade de santé!

Nous remontons petit à petit la vallée, le temps est au beau fixe c'est parfait! Nous discutons durant toute la balade avec nos nouveaux amis c'est agréable.

Par contre, il n'y a pas d'amélioration de l'état de Jerome qui subit ses crampes d'estomac et qui est obligé régulièrement d'aller se cacher à l'écart derrière un buisson faire ses petites affaires... La grande classe!

 

La journée se passe, nous prenons petit à petit de l'altitude. Mais finalement, cette première journée, nous ne sommes pas éblouis par la beauté des paysages. Nous nous attendions vraiment à voir de magnifiques et impressionnants sommets enneigés, mais il n'en fut point! Nous gardons cependant espoir pour les jours à venir, il ne faut pas être trop pressés! Pour autant, la journée a été très agréables et les paysages jolis quand même.

 

Jour 1
Jour 1
Jour 1
Jour 1

Jour 1

Nous arrivons assez tôt au camp de base. Comme nous avons sympathisé avec les Allemands, nous installons notre tente à proximité de la leur. Il n'y a pas beaucoup de monde, le coin est relativement tranquille. Seul bémol, il y a tellement de passage de mules et de vache que la zone est minée de grosses bouses et ce n'est pas simple de trouver un espace assez clean pour nous installer. D'ailleurs, ce constat, nous le ferons tout au long du trek...

 

Très vite, le soleil se cache derrière les montagnes et il commence à faire très froid. Avant que la luminosité ne baisse trop, nous passons en mode grand cuisto!! Nous sortons un paquet de pâtes, le réchaud et une sauce allons chercher de l'eau dans la rivière et nous concoctons un petit (tout petit) festin!

À 19h, nous sommes emmitouflés dans nos duvets, bonnets sur la tête et écharpes au tour du coup en attendant le sommeil qui ne tardera pas à venir!

 

Zone de bivouac - premiere nuit

Zone de bivouac - premiere nuit

Dimanche 8 mai, jour 2, le réveil à 6h30 est difficile. Notre matelas est crevé, nous avons été réveillés environ toutes les deux heures par le froid et l'humidité, car, dégonflé, le matelas ne joue plus son rôle de barrière thermique! Quelle poisse, obligé de le regonfler régulièrement...

Nous déjeunons rapidement, plions toutes nos affaires et poursuivons notre randonnée.

Les paysages sont un peu plus beaux que le premier jour encore. Nous passons devant une jolie lagune puis nous marchons un long moment sur un faux plat à travers la vallée.

Premiere lagune - jour 2
Premiere lagune - jour 2
Premiere lagune - jour 2

Premiere lagune - jour 2

En fin de matinée, nous prenons une variante du trek et devions pour aller voir une autre lagune au pied d'un glacier. Cette fois-ci ça monte d'avantage et Jerome peine de plus en plus et ressent des douleurs un peu plus fortes, ce n'est vraiment pas de chance!!

Nous atteignons tout de même cette lagune, satisfaits, car elle est splendide. Nous sommes seuls et nous entendons les craquements du glacier. Nous observons même quelques petites avalanches (sans danger pour nous bien entendu)!

Nous profitons de cette pause pour casser la croûte et profiter de l'instant présent.

 

Deuxième lagune - jour 2
Deuxième lagune - jour 2
Deuxième lagune - jour 2
Deuxième lagune - jour 2

Deuxième lagune - jour 2

Il ne nous reste pas beaucoup de kilomètres à parcourir avant notre point de chute pour la deuxième nuit alors nous prenons notre temps. D'ici, nous avons une jolie vue sur le fameux sommet Alpamayo.

trek - jour 2
trek - jour 2
trek - jour 2
trek - jour 2
trek - jour 2
trek - jour 2
trek - jour 2
trek - jour 2
trek - jour 2
trek - jour 2
trek - jour 2
trek - jour 2

trek - jour 2

Lorsque nous arrivons sur notre zone de bivouac, il est encore tôt, ce qui nous laisse le temps pour chercher le trou dans notre matelas. Par chance, la rustine était glissée dans mon passeport alors nous pouvons le réparer. Il n'y a qu'un trou et le pourquoi du comment il a été troué reste un mystère!

Bref, la nuit s'annonce mieux et nous sommes ravis! Notre nouveau camp de base et beaucoup plus joli que le premier, cette fois-ci, nous avons une belle chaîne de montagne enneigée qui s'élève au-dessus de notre tête, on adore!

Nouvelle session cuisine, cette fois-ci, on sort la purée, un festin!!

 

À nouveau, le froid arrive très vite, nous sommes à plus de 4000 m alors nous ne perdons pas de temps avant de nous mettre au chaud dans nos duvets.

La nuit ne se passera pas mieux que la première, la rustine du matelas a bien résisté, mais Jerome s'est tordu de douleur toute la nuit. Nous décidons d'arrêter le trek au Santa Cruz. De toute façon, la rustine du matelas ne résistera pas longtemps à l'humidité et nous n'envisageons pas de dormir à cette altitude sur le sol, et comme Jerome ne se sent pas mieux, nous ne voulons pas prendre le risque de passer une semaine en mode seuls au monde dans la cordillère blanche.

Zone de bivouac deuxième nuit
Zone de bivouac deuxième nuit
Zone de bivouac deuxième nuit
Zone de bivouac deuxième nuit

Zone de bivouac deuxième nuit

Lundi 9 mai, jour 3 et dernier jour, nous devons franchir un col à 4750 m. Nous voilà enfin dans le vif du sujet! Nos sacs à dos en place (avec du coup à manger pour encore 7 jours) nous avançons tranquillement.

Maintenant, nous quittons le mode balade pour passer en mode ascension. Mais à rythme constant, l'effort passe plutôt bien et nous arrivons après environ deux heures de marche au point le plus haut.

Trek - jour 3
Trek - jour 3
Trek - jour 3
Trek - jour 3
Trek - jour 3
Trek - jour 3
Trek - jour 3

Trek - jour 3

De là, nous avons une magnifique vue sur toute la vallée et sur une lagune complètement perchée! Nous prenons le temps de faire une pause fruits-secs et reprenons notre marche.

 

Passage du col Punta union - 4750 m d'altitude
Passage du col Punta union - 4750 m d'altitude
Passage du col Punta union - 4750 m d'altitude

Passage du col Punta union - 4750 m d'altitude

À partir de maintenant, ce n'est que de la descente, ce qui n'est pas plus facile pour autant. Presque sans fin, nous descendons encore et encore.

Le paysage est différent sur ce versant-là, les couleurs sont plus sombres. Il y a quelques lagunes, mais la couleur est beaucoup moins psychédélique que pour les autres.

 

Descente et fin du trek Santa Cruz pour nous
Descente et fin du trek Santa Cruz pour nous
Descente et fin du trek Santa Cruz pour nous
Descente et fin du trek Santa Cruz pour nous
Descente et fin du trek Santa Cruz pour nous

Descente et fin du trek Santa Cruz pour nous

En début d'après-midi, nous arrivons sur la zone de bivouac de la troisième nuit. Mais Jerome insiste pour pouvoir dormir dans un lit cette nuit, alors nous poursuivons.

Les gardes du parc nous indiquent qu'à environ 1h30 de marche, nous pourrons trouver des hospedaje.

Une fois arrivés dans le premier village, la fatigue commence sérieusement à se faire ressentir. Les habitants nous proposent une chambre à un prix raisonnable alors nous demandons à la voir.

Les gens ici vivent très simplement et semblent quand même particulièrement pauvres. Toutes les maisons sont faites d'adobe et de bric et de broc.

Des enfants nous voient et courent vers nous pour nous demander à manger. Nous leur donnons ce que nous avons à portée de main, les galettes de fajitas et une orange.

Ils sont vêtus de vêtements très sales et en mauvais état, mais le pire reste leur apparence: le visage les bras et les mains crasseuses et des plaies infectées un peu partout.

Les animaux (cochons, moutons ...) semblent même plus propres que les humains, bien que pas forcément en meilleure sensée. Nous croisons un mouton la pâte complètement gangrénée, vraiment pas jolie à voir...C'est la première fois que nous sommes confrontés à ça depuis le début de notre voyage, nous sommes un peu déconcertés.

 

Lorsque nous rentrons dans la chambre de l'hospedaje, un sentiment un peu particulier vient se mêler à tout ça. La chambre ressemble à une cave, il n'y a pas de fenêtre, l'air y est très humide et il y a une très forte odeur de moisie. Meublé uniquement d'un lit, l'homme remet rapidement les draps en place. On dirait que quelqu'un y dort depuis on ne sait combien de temps et que les draps n'ont jamais été lavés... 

Bref un truc complètement insalubre! Nous déclinons poliment l'offre de la famille en lui expliquant que finalement, nous avons encore le temps de marcher un peu. Mais celui-ci ne semble pas capter notre malaise et descend alors le prix de la chambre en espérant que nous accepterions alors.

Le malaise s'installe un peu plus entre nous, nous lui expliquons que ce n'est pas une question de prix et que nous préférons avancer un peu...

 

Petits villages
Petits villages
Petits villages

Petits villages

50 m plus loin, nous rencontrons d'autres villageois et nous comprenons que les choses ne sont pas si simples que ce que nous pensions.

 

Pour rejoindre le prochain village, il nous faudrait encore marcher deux heures en montant... Nous n'en avons pas le courage et de toute façon la nuit ne va pas tarder à tomber.

Nous finissons par négocier avec un habitant pour que celui-ci nous amène à la ville la plus proche pour que nous puissions trouver un hôtel digne de ce nom.

Vaquera est situé 16km plus loin, mais nous mettrons 1h pour y aller. La voiture dans laquelle nous montons doit avoir plus de 500 000 km au compteur, c'est un vieux machin qui roule, on ne sait comment... Le village étant situé sur la montagne d'en face, nous descendons sur des pistes de cailloux pour rejoindre la vallée et remonter sur l'autre versant. Dans la voiture, un autocollant indique que cette voiture est la propriété de dieux! Le trajet se passe bien. Nous commençons presque à croire en l'existence de Dieu!!

Nous arrivons sous la pluie dans le village, courrons à l'hôtel prendre une bonne douche après trois jours sans se laver et nous mettons au lit, fatigué.

Vaqueria
Vaqueria
Vaqueria

Vaqueria

Mardi 10 mai, nous devons à nouveau rejoindre Huaraz, une longue journée de bus nous attend.

À notre grande surprise, nous trouvons le trajet en bus presque plus joli que le trek Santa Cruz. Nous reprenons très vite de l'altitude pour passer un col à nouveau à plus de 4500 m avant de redescendre dans la vallée de la lagune 69. Nous croisons lagunes, superbes montagnes enneigées et glaciers au loin, c'est splendide!

Nous arrivons à Huaraz en début de soirée fatigués mais heureux.

 

Retour vers Huaraz
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